Ca commence mal: l'instructeur à une galère avec sa voiture, et n'est pas là. Heureusement pour nous, le temps étant assez mauvais, avec des rafales de vent à 15kts, l'autre instructeur annule tous ses élèves pilotes pour ce matin, et est disponible pour s'envoyer en l'air.
(comme j'ai une qualification IFR américaine, je n'ai pas le droit d'être Commandant de Bord en IFR sur un avion immatriculé en France. Par contre, je peux l'être sur un avion américain - un avion immatriculé en "N" - même sur le territoire français . J'ai donc besoin d'un pilote qualifié IFR français à bord pour le vol).
On s'élance de Saint Cyr, direction Pontoise. Comme d'habitude, arrivé sur Pontoise, ils ne
trouvent pas notre plan de vol. On ralenti et on orbite verticale terrain à 2000 ft, au ras des nuages.
Enfin, on reçoit la clairance et on part direct Rouen, FL60. On se retrouve dans les nuages immédiatement, on programme le GPS (Garmin GNS 430) et on enclanche l'autopilot, en mode NAV (je voulais piloter la montée à la main).
Je sens une résistance qui augmente dans le manche, et je vois le trim qui déroule. Je déclanche l'autopilote, en pensant que j'avais enclenché le mode ALT par erreur, et je recommence.
Le trim recommence à dérouler, et cette fois ci, on a même droit au warning audio "Trim in Motion". On déclanche, enclanche, déclanche, enclanche. Rien n'y fait. Donc, puisque l'autopilot insiste, on décide de le laisser piloter (pourquoi est-ce que je serai le seul à m'amuser ?).
Olivier m'avoue à la fin du vol qu'il a un peu stressé à ce moment là. Normal, c'était son premier vol dans les nuages, et c'est relativement surprenant la première fois. Surtout, dans la formation pour le PPL, on se fait marteler que les nuages c'est la mort assurée en VFR, donc la première rencontre est étrange.
On arrive au FL60, juste à ras des nuages. Magnifique! Les roues dans les nuages, le ciel bleu dessus, et un tapis de coton devant. C'est pour ces vues qu'on vole!
Descente à travers les cumulus, approche ILS 22 à Rouen, avec virage de procédure. 15kts de vent, plein travers = une dérive de 25 degrés pour la descente de l'ILS.
On prend notre prochaine clairance à destination de Toussus, et la tour nous demande si nous sommes prêts pour un immédiat. Je répondons non, parce que je veux programmer le GPS avant de décoller. La tour me répond qu'il y a un autre avion en approche IFR et que l'attente sera de 10 minutes. J'accepte alors le décollage immédiat. Pendant le décollage, j'entends l'autre avion s'annoncer Procedure turn outbound, donc à 20 km du seuil de piste, entrain de s'éloigner. Au moins 10 minutes avant son arrivée. Je ne comprends pas pourquoi la tour nous a poussé à décoller aussi vite. Nous avions largement le temps de se préparer et décoller. Je suppose que comme ils ont 6 trafics par jour, ils deviennent tout flippés quand il y en a deux à moins de 3 heures d'intervalle.
Direct L'Aigle FL 70, puis Chartres, Melun, OYE et approche VOR DME 25R à Toussus. Tout ça, en solide IMC. La photo ci-dessous a été prise vers Chartres, dans les nuages.

Je demande l'ILS 25 à Toussus (parce que les approches VOR c'est pourri) et ils me répondent qu'il est hors service. Mais où vont mes impôts ?
Ils nous font contourner Orly par le sud et l'est, et on se retrouve directement dans l'axe de piste. Après les roues dans les nuages, une autre vision de rêve pour un pilote !


Olivier m'a déjà demandé à Rouen, quand nous étions au sol, quand est-ce qu'on pourra aller aux toilettes. Je lui réponds dans envion 1h et je lui demande s'il peu attendre. Il me répond oui. Dans la région d'Orly, Olivier me demande s'il n'y a vraiment rien pour aller aux toilettes dans l'avion comme une bouteille ou un Little John. Je lui propose de faire dans le récipient de purge d'essence, ma Gats Jar. Heureusement que j'ai acheté le grand modèle, le 16 oz.

Quand il a fini, on balance tout par la fenêtre. Ca nous a beaucoup fait rire en vol. Encore une nuisance pour les riverains d'Orly. J'espère que c'est tombé sur les hortensias du président de l'association des riverains. A la fin du vol, j'ai rincé le récipient avec de l'essence, pas de risque d'odeur !
On intercepte le radial, et on commence l'approche. On survole directement la base de Villacoublay, et on voit 2 Airbus 320 aux couleurs du gouvernement sur le tarmac. Approche sans histoires.

On re-décolle de Toussus en VFR, et on se dirige vers Saint Cyr.

A notre droite, le Golf National, prêt pour l'Open de France de Golf qui commence cette semaine.

Encore une belle aventure, que ceux qui vivent dans 2 dimensions ne peuvent pas comprendre !
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